La Papeterie
L’industrie de la papeterie dans le Sud-Est a été étudiée par Raoul Blanchard dans un article paru dans le Revue de géographie alpine de 1926[1].
Après une étude de l’ensemble des usines à papier de tout le quart Sud-Est, il tente une classification par zone plus précise. C’est ainsi qu’il définit un groupe provençal dont il donne les principales caractéristiques « … le groupe provençal les vingt usines, presque toutes très petites, dispersées dans les départements des Bouches-du-Rhône (sauf l’usine d’Arles), du Var et des Alpes-Maritimes. C’est assurément, parmi les groupes du Sud-Est, le plus homogène. Peu favorisé pour les conditions physiques (eau et même transports), il a pour lui de pouvoir trouver sur place la plus grande partie de ses matières premières et de sa clientèle. En d’autres termes, ce qui le fait vivre, c’est la proximité de Nice, de Toulon et surtout de Marseille. ». Il poursuit « Les conditions physiques sont franchement médiocres. L’eau est rare en Provence pendant la plus grande partie de l’année ; les petits cours d’eau sur lesquels sont placées la plupart des usines : le Grand-Vallon de Mouans-Sartoux, le Gapeau de Méounes, Belgentier, Solliès-Toucas, le Réal-Martin de Pignans, l’Huveaune, le ruisseau de Saint-Pons dans la banlieue marseillaise, les ruisseaux de Meyrargues, sont des rivières déplorables. Plusieurs sont salies par les déjections industrielles. Le canal du Verdon et celui de la Durance apportent des eaux douteuses et chères ; toutes ces eaux enfin sont trop calcaires. A Fos-sur-Mer, il a fallu attendre 18 ans avant de disposer d’une eau abondante et favorable, et pouvoir abandonner l’emploi d’une eau saumâtre. Il y a bien du charbon à proximité du groupe le plus important, le lignite du bassin de Fuveau; mais il ne vaut guère la peine d’être transporté, et Fos-sur-Mer s’approvisionna dans le Gard. Les conditions de transport sont en effet assez défavorables pour la plupart des usines, celles du Gapeau, des Alpes-Maritimes, de Meyrargues, de Jouques ; certaines sont à 10, 12 kilomètres d’une gare. ». Il donne alors quelques informations sur les structures qui font fonctionner ces usines « Ces fâcheuses conditions avaient entravé le développement de la papeterie. La plupart des usines sont de très petites installations restées longtemps primitives ; quelques-unes le sont demeurées. Pas de moteur mécanique, donc pas de charbon : la meule actionnée par un animal, ainsi que le presse-pâte ; pour le séchage, le grand soleil du Midi. Pas de main-d’œuvre : la famille du patron trie elle-même les vieux papiers ou chiffons, coupe le papier, le porte sécher sur des cordes tendues en plein air. Si los commandes se ralentissent, on ferme l’usine et on va aux champs. Ces habitudes ne sont pas complètement disparues. Sur la liste de ces fabriques, nous en relevons une qui occupe 2 ou 3 personnes, deux qui en occupent de 3 à 5, deux de 5 à 6 ; dans une autre, le patron est seul avec ses enfants. Voilà bien la vieille papeterie, familiale et patriarcale /…/. Le prix très bas de cette main-d’œuvre, la simplification du matériel, permettent de se tirer d’affaire, en dépit des fâcheuses conditions d’ensemble. »
La Papeterie
de Mouans-Sartoux
1860-1936
Le vallon de la Mourachonne ou Grand Vallon a toujours été pour les communautés de Mouans et de Sartoux le lieu d’implantation des « usines » telles que les moulins à farine, les moulins à huile et les scies à eau et ce depuis la fin du XVe siècle. Les moulins à huile ou à farine fonctionnèrent jusqu’en 1906, les scies à eau, quant à elles, furent abandonnées à la fin du XVIIIe siècle. On les retrouve mentionnées « en ruine » dans le cadastre de 1813.
Quelques décennies plus tard, une usine à papier voit le jour sur l’emplacement d’une des scies. Cette usine connue sous le nom de « la Papeterie » fonctionnera jusqu’en 1936. Dans les documents de recensements de population, cette usine est évoquée dans les quartiers des Moulins et de la Dégoutte. On y retrouve alors les noms des papetiers et de tous leurs employés. A partir de 1876 nous voyons apparaître le nom de « La Papeterie » comme quartier dans le vallon de la Mourachonne.
L’histoire de cette entreprise qui s’étend sur près de soixante et dix ans est méconnue et nous allons essayer de vous en dérouler le processus.
La Papeterie de Mouans-Sartoux est une petite unité comme il en existe plusieurs en Provence à la même époque. Elle sera une entreprise familiale jusqu’à la fin. Quatre familles s’y succèderont pour la faire fonctionner : les Garnoux (de 1860 à 1866), les Barbot (de 1866 à 1900), les Liprandi (de 1901 à 1910) et les Solandt (de 1911 à 1936).
Le Comte Paul André Amédée De Drée
Le Comté Paul André Amédée De Drée, résidant à Pégomas, est propriétaire de toutes les usines au bord de la Mourachonne à l’entrée des gorges : deux moulins à farine, deux martinets et cinq scies à eau. Il a acheté en 1842 les moulins à farine (n°419 du cadastre) aux communes de Mouans et de Sartoux et les martinets (construits en 1837, n°422/1 et 422/2 du cadastre) et scies à eau (n°422/423/424 du cadastre) à la famille Bernard du Cannet en 1848.
Il crée la Papeterie entre 1859 et 1860 et la conserve jusqu’en 1901 date à laquelle il la vend à Vincent Liprandi de Cannes, lequel la revendra à François Mars en 1908 qui la vendra lui-même à Joseph François Morand en 1910.
Deux familles ont fait fonctionner la papeterie pour le compte du Comte Paul André Amédée de Drée entre 1861 et 1900 : les Garnoux, les Barbot. Chaque fois ces familles vivaient sur le site ainsi que leurs employés avec femmes et enfants.
Les Garnoux
La Papeterie apparaît dans le recensement de population de 1861. Elle est alors dirigée par Joseph Garnoux (1816-) peut-être originaire de Grimaud dans le Var. Il est mentionné comme étant fabricant de papier, il figure avec son épouse Caroline Garcin (1814-) et son fils Simon (1845-).
Il a alors trois employés : Isabelle Charbonnel (1801-), Jacques Raimbaud (1811-), gouverneur de cylindre à la papeterie ainsi que son épouse de Rose Raimbaud (1815-) et leurs trois enfants Paulin (1839-), Alexandre (1851-) et Victorine (1845-) ; et Joseph Arnaudo (1836-) ouvrier coupeur à la papeterie.
Les Barbot
Cinq ans plus tard, en 1866, nous voyons apparaître une autre famille qui va faire fonctionner l’usine durant près de trente années : les Barbot. C’est une famille de papetier depuis plusieurs générations.
Barbot Michel (ca 1750-), époux de Chanteloube Marie. Papetier à Coublevie (Isère)
- né à Coublevie (Isère), papetier
à Méounes (Var)[2]
en 1821, époux de Bertrand Marie Anne ouvrière papetière.
- né à St-Marcel (Ardèche) fabricant de papier au Tignet en 1846, époux de Allary Marie (1822-1902 à Pégomas) née à Gémenos (13) ouvrière en papeterie, fille d’Allari François (-av1845) papetier, et de Rose Issery ouvrière en papier certainement à l’usine à papier du Paradou à Gémenos[3]. Mariés à Gémenos le 24 septembre 1845. Balbot Antoine est fabricant de papier à Mouans-Sartoux entre 1866 et 1885.
- né au Tignet, papetier, époux de Maubert Marie veuve Hugues (1851-). Barbot Antoine Félix François est patron papetier à Mouans-Sartoux entre 1891 et 1900. En 1911 il est cultivateur à Pégomas.
- né au Tignet, papetier, époux de Négrin Elisabeth (1859-), papetière. Mariés à Pégomas le 25 avril 1881. Barbot Antoine Auguste est patron papetier à Mouans-Sartoux entre 1886 et 1891
- Barbot Marie (1862-) née au
Tignet
- Barbot Maurice (1821-) de Méounes (83), papetier au Tignet en 1857, époux de Vendémiaire Anne (1833-) de Pégomas. Mariés au Tignet le 15 février 1857.
- Barbot François Joseph (1862-) né au Tignet
Antoine Barbot (1815-1884) originaire de St-Marcel (Ardèche), est le premier de la famille à venir s’installer comme fabricant de papier à Mouans-Sartoux dans les années 1860. Il était déjà mentionné fabricant de papier au Tignet en 1846. On le retrouve à Mouans-Sartoux dans le recensement de 1866 avec son épouse Marie Geneviève Allary (1822-1902 à Pégomas) de Gémenos (13) et leurs quatre enfants Antoine Félix François (1846-), papetier, Marie Baptistine Joséphine (1848-), papetière, Antoine Auguste (1854-), papetier et Marie (1862-), tous nés au Tignet.
En 1872 nous retrouvons toute la famille avec en plus un employé Jacques Pitavino (1838-) d’Italie, ouvrier papetier, époux de Courmes Marie (1847-). Nous les suivons encore en 1876, puis en 1881.
En 1884, Antoine Barbot décède à Mouans-Sartoux, et c’est son fils Antoine Auguste qui lui succède à la tête de l’entreprise. Nous retrouvons en 1886, Antoine Auguste Bardot (1854-1891) né au Tignet, qui est papetier, avec son épouse Elisabeth Négrin (1859-), papetière, et leurs deux enfants Marie Pauline (1882-1951) et François Antoine (1886-1962).
Sa mère, Marie Geneviève Allary (1822-1902), déclarée comme cultivatrice, y est avec ses trois autres enfants Antoine Félix François (1846-) du Tignet, Marie Baptistine Joséphine (1848-) du Tignet, Marie (1862-) du Tignet,
En 1886 il y a un employéJean-Pierre Ardan (1846-), déclaré comme ouvrier papetier
En 1891 nous retrouvons les deux frères travaillant ensemble à la direction de l’usine. Antoine Félix François Bardot (1846-), papetier, avec son épouse Marie Maubert veuve Hugues (1851-) et le fils de cette dernière Louis Hugues (1881-) ; Antoine Auguste Bardot (1854-1891), papetier, avec son épouse Elisabeth Négrin (1860-) et leurs deux enfants Marie Pauline (1882-1951) et François (1886-1962) ; ainsi que leur mère Marie Geneviève Allary (1822-1902), papetière, avec sa dernière fille Marie Baptistine Joséphine (1848-) également papetière.
Ils ont alors trois employés : Antoine Coulet (1865-) d’Italie, ouvrier papetier, son épouse Lucie Malarine (1871-) d’Italie, ouvrière papetière et Léon Maurin (1873-) d’Italie, ouvrier papetier.
En 1896, Antoine Félix François (1846-), est seul patron fabricant de papier aux Moulins, avec son épouse Marie Maubert (1852-). Ils ont alors trois employés Prune Taïola (1864-) d’Italie, Lucie Genosie (1868-) d’Italie et Faustino Marethi (1868-) d’Italie.
Les Liprandi
A l’aube du XXe siècle, la Papeterie semble avoir connu un essor conséquent. Elle est vendue à une famille italienne les Liprandi, installée à Cannes (49 rue Félix Faure), puis à Nice.
En 1901 Vincent Liprandi (1872-) né à Rome (Italie), avec son épouse Angèle Laurens (1872-) de Saint-Martin du Var, italienne, figurent, avec leur fille Hélène (1900-) née à Nice, italienne, dans le recensement de 1901 date à laquelle il achète la papeterie au Comte De Dréé. Ils y sont mentionnés comme patron papetier.
Ils ont alors de nombreux ouvriers et ouvrières, une quinzaine au total représentant quatre familles : Joseph Bino (1848-) d’Italie, ouvrier, avec son épouse Anne Rigoura (1851-) d’Italie, leurs trois enfants Sylvestre (1882-) d’Italie, ouvrier, Antoine (1887-) d’Italie, ouvrier et Angeline (1888-) d’Italie, ouvrière. On y trouve aussi Virginio Panero (1853-) d’Italie, ouvrier, avec son épouse Marguerite Garino (1856-) d’Italie, ouvrière et leurs trois enfants Honoré (1887-) ouvrier, Honorine (1889-) ouvrière et Jeanne (1893-). Figurent encore Antoine Gollé (1865-) d’Italie, ouvrier, son épouse Lucie Hermando (1870-) d’Italie, ouvrière et leurs deux enfants Louise (1896-) et Joseph (1900-). Enfin quatre autres ouvriers Michel Liberale (1861-) d’Italie, ouvrier, Auguste Lich (1852-) d’Allemagne, ouvrier et Jean Barberis (1871-) d’Italie, ouvrier, avec son épouse Madeleine Dotto (1875-) d’Italie, ouvrière.
La famille Liprandi gèrera l’usine jusqu’en 1908. En 1906 ils ont encore 13 employés : Bernard Liberale (1846-) d’Isolabona (Italie) ouvrier papetier ; Livia Liberale Livia (1880-) d’Isolabona (Italie), ouvrière ; Amerigio Battelli (1881-) de St-Azzena (Italie), charretier ; Louis Marro (1880-) d’Isolabona (Italie), cylindreur, son épouse Adeline Liberale (1881-) d’Isolabuona, ouvrière, avec leur fille Angèle (1905-) d’Isolabona (Italie) ; Sylvestre Bini (1882-) de Fossano (Italie), conducteur des machines ; Cane Joseph (1840-1906) d’Isolabona (Italie), ouvrier, son épouse Marguerite Liberale (1839-) d’Isolabona (Italie) plieuse, ses filles Angèle Cane (1887-) d’Isolabona (Italie), plieuse, Marie (1888-) d’Isolabona (Italie), plieuse, Lucie (1889-) d’Isolabona (Italie), plieuse ; Michel Liberale (1860-) de Milan (Italie), ouvrier papetier et Honoré Passero (1897-) de Pégomas, ouvrier papetier.
Vincent Liprandi possédait un magasin à Nice, 9 boulevard Carabacel, intitulé « PAPETERIES DE MOUANS-SARTOUX ». Il utilisait pour le transport de ses commandes la gare de la Bocca.
Entre 1901 et 1910, la papeterie est revendue deux fois. Elle est vendue par Vincent Liprandi en 1908 à François Mars négociant habitant Mouans-Sartoux qui va la revendre deux années plus tard, en 1910, à François Joseph Mérand fabricant de papier à Mouans-Sartoux.

Les Solandt
La famille Solandt est aussi une vieille famille de papetiers du Bas-Rhin.
Solandt Jean Jacques (1827-) de Quatzenheimn (Bas-Rhin), époux de Bouyoud Constance Hélène (1834-). Négociant effilocheur de laines, demeurant à Tullins (Isère) en 1866.
- Solandt
Léon (1866-1920 à Mouans-Sartoux)
de Tullins (Isère), époux de Blanc Madeleine Joséphine Octavie (1871-) de
Grenoble (Isère) veuf avant 1911, époux de Basset Valentine (1869-) de Barraux
(Isère). Mariés à Nice le 3 juillet 1915 (Liprandi Jean-Baptiste, négociant
rue de Lille à Nice, est témoin à leur mariage). Léon Solandt est chef de
fabrication à la papeterie de MM Touruter & Carre à Pontcharra en Isère. Il
habite au Château à Pégomas en 1911.
- Solandt
Marc Jean (1899-)
de Pontcharra (38), fils de Solandt Léon (1866-) et de Blanc Octavie
(1844-av.1911), papetier, époux de Guigonet Emilienne Jeanne Antoinette (1902-)
de Roquebrune, mariés à Cannes le 12 novembre 1923. Son père Léon Solandt est
chef de fabrication à la papeterie de MM Touruter & Carre à Pontcharra en
Isère en 1899.
- Solandt Josette (1924-) de Cannes
- Solandt Daniel (1902-) de Pontcharra (38), fils de Solandt Léon (1866-) et de Blanc Octavie (1844-av.1911). Epoux de [Solandt] Germaine (1902-) de Pégomas.
- Solandt
Marc Jean (1899-)
de Pontcharra (38), fils de Solandt Léon (1866-) et de Blanc Octavie
(1844-av.1911), papetier, époux de Guigonet Emilienne Jeanne Antoinette (1902-)
de Roquebrune, mariés à Cannes le 12 novembre 1923. Son père Léon Solandt est
chef de fabrication à la papeterie de MM Touruter & Carre à Pontcharra en
Isère en 1899.
En 1911, un nouveau patron apparaît Solandt travaillant pour François Joseph Mérand nouveau propriétaire. Il a 9 employés : Sylvestre Bini (1882-) de Fossano (Italie), contre-maître papetier, son épouse Livie Liberale (1880-) d’Isolabona (Italie) avec leur fils Joseph Ange (1908-1947 à Pignans) de Mouans-Sartoux ; Joseph Bini (1855-) d’Isolabona (Italie), père de Sylvestre, ouvrier papetier ; Taïola Pierre (1864-) de Novi (Italie), ouvrier papetier, son épouse Virginie (1870-) de Cuneo (Italie), ouvrière papetière ; Ange Cane (1887-) d’Isolabona (Italie), ouvrier papetier ; Marie Cane (1888-) d’Isolabona (Italie) ouvrière papetière (sœur de Ange) ; Lucie Cane (1889-) d’Isolabona (Italie), sœur de Ange, ouvrière papetière ; Constance Cane (1889-) d’Isolabona (Italie), cousine d’Ange, ouvrière papetière
Il s’agit de Léon Solandt originaire de Tullins (Isère) où il est né en juin 1866. Après avoir séjourné dans plusieurs régions, il passe par Pontcharra en Isère en 1894 où il travaille comme chef de fabrication pour une société de fabricants de papier « TOURUTER & CARRE ». Il arrive à Pégomas en 1911 où il s’installe au quartier du Château. C’est à cette époque qu’il prend la direction de l’usine de papier de Mouans-Sartoux qu’il fera fonctionner durant toute le Première Guerre.
Il décède à Mouans-Sartoux en 1920, sa veuve Valentine Basset (1869-) de Barraux (Isère), papetière, prend la suite et gère la papeterie avec son fils Daniel plusieurs années jusqu’en 1936 où son fils Marc prend la relève.
En 1921 elle habite Pégomas avec son fils Daniel, sa belle-fille Germaine et son second fils Marc. Elle a 5 employés : Emile Fantino Bologna (1892-) de Garessio (Piémont, Italie), papetier, son épouse Cirri Mathilde (1896-) de Castello (Italie), papetière, avec leur fils Germain (1920-) de Mouans-Sartoux ; Antoine Bottero (1896-) de Limone (Italie), papetier, et son épouse Madeleine Vial (1894-) de Limone (Italie), veuve Tosello, avec leurs trois enfants Jacques (1920-) de Limone (Piémont, Italie), Sébastien (1915-) de Cannes, Madeleine (1916-) de Limone (Piémont, Italie) ; Jacques Viale (1903-) de Limone (Piémont, Italie), beau-frère de Bottero, journalier.
En 1922, Jean et Daniel Solandt achètent la papeterie à François Joseph Mérand.
En 1923 il y a Joseph Dominique Cane (1880-) d’Isolabona (Italie), ouvrier papetier, avec son épouse Marie Jeanne Honorine Panero (1889-) de Pégomas, ouvrière papetière, et leurs enfants Adélaïde (1921-1967) de Pégomas et Charles Alexandre (1923-) de Mouans-Sartoux.
En 1931, Marc Jean Solandt (1899-) de Pontcharra (Isère), son épouse Emilienne Guigonet (1902-) de Roquebrune-sur-Argens (Var), avec leur fille Josette (1924-) travaille avec deux employés et leur famille : Georges Basset (1903-) de Grenoble (38), papetier, son épouse Marie (1904-) de Caraglio (Piémont, Italie) ; Georges Blaser (1879-) de Villeret (Suisse), papetier, son épouse [Méric] Félicie (1882-) de Cipières (06) et ses deux filles Herminie (1919-) de Heurteauville et Alice (1913-) de Heurteauville.
En 1936, c’est le second fils de Valentine qui prend les commandes Daniel Solandt. Il a alors deux employés, son frère Marc Jean Solandt (1899-) de Pontcharra (38), papetier, son épouse Emilienne Jeanne Antoinette Guigonet (1902-) de Roquebrune-sur-Argens (Var) et leur fille Josette (1924-) de Cannes ; Joseph Cane (1880-) d’Isolabona (Italie), papetier et ses deux enfants Adelaïde (1921-) de Pégomas et Charlot (1923-) de Mouans-Sartoux.

Fonctionnement de l’usine
Cette usine a toujours fonctionné en mode familial comme l’ensemble des Papeteries de la zone provençale. Les quatre familles qui s’y sont succédées vécurent toutes sur place, on trouve dans les recensements de population entre 1861 et 1936, les patrons, leurs femmes et leurs enfants recensés sur place.
Il en est de même pour les employés qui, pour l’essentiel d’entre eux, sont d’origine italienne. Là aussi figure le ou les chefs de famille (le père) ouvrier papetier (avec parfois la spécialité indiquée : coupeur, cylindreur, gouverneur de cylindre, conducteur de machine ou même charretier, pour le transport…), leurs épouses indiquées très souvent comme ouvrières papetières, plieuses… et les enfants qui souvent, selon leur âge, sont qualifiés également d’ouvrier papetier ou simplement papetier selon le cas.
Parmi les employés d’origine italienne, plusieurs viennent de la région de Ligurie (Isolabona, Novi Ligure), ou du Piémont (Limone, Garessio, Caraglio, Fossano).
Les
enfants des patrons comme ceux des employés sont mentionnés ouvrier papetier
dès qu’ils atteignent l’âge de 10-12 ans et qu’ils peuvent être utiles au bon
fonctionnement de l’entreprise.
[1] Blanchard Raoul, L’industrie de la papeterie dans le Sud-Est de la France, Revue de géographie alpine, tome 14, n°1,1926. pp. 5-186 – https://doi.org/10.3406/rga.1926.4969
[2] Auguste Bosc, géomètre du cadastre de 1845, mentionne pour la commune de Méounes, sur la rive gauche du Gapeau trois usines à papier : la Papeterie dit du barrage de la Trinité, appartenant à M. Redortier – l’Usine dite le Martinet (fermée) – la Fabrique de papier (début du XVIIe siècle), au quartier de Pachoquin
[3] La papeterie du Paradou à Gémenos produira jusqu’au début du XXe siècle du papier à partir de chiffons de chanvre ou de lin. Fondés au XVIIe siècle par le Marquis d’Albertas, les moulins à papier étaient au nombre de quatre. Ils constituaient le complexe appelé le Paradou qui fonctionnait grâce à quatre chutes d’eau équipées de roues à aubes. En 1738, la papeterie produisait cinq sortes de papier : croisette, couronne, « à la cloche », raisin et quartier. Une partie de la production était vendue localement, une autre était acheminée vers le port de Marseille d’où elle partait pour l’Orient. Une fabrique de papier à cigarettes ainsi qu’une briqueterie s’y installèrent ensuite. Les lieux furent définitivement abandonnés au XXe siècle. https://www.pnr-saintebaume.fr/decouvrir/la-sainte-baume/un-territoire-qui-nous-relie/art-de-vivre/ et https://guidesaintebaume.fr/nature/du-parc-au-domaine-de-saint-pons-a-gemenos/